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Sainte Pâques 2024 « Notre Rédempteur est ressuscité des morts : Chantons des hymnes au Seigneur notre Dieu, Alléluia » (Extrait de la liturgie) Chers frères, Avec l’arrivée de la Sainte... Czytaj więcej
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Sanctuaires les plus visités

Les Missionnaires de Notre Dame de La Salette en France

Jusqu'en 1880, l'histoire de l'Institut des Missionnaires de La Salette en France se confond avec l'histoire des l'Institut en général. Toutes les communautés sont situées au diocèse de Grenoble : aux sanctuaires de La Salette et de Pipet à Vienne, à Corps et à Grenoble. La fondation de l'école apostolique en 1876 prépare l'extension de l'Institut au-delà des frontières. En 1880 un groupe de missionnaires part en Norvège. Sur les onze salettins, il y a sept scolastiques ! L'année suivante, nouveau franchissement des frontières, en direction de la Suisse toute voisine cette fois, avec la fondation d'un scolasticat dans le Valais. Bientôt des Suisses vont y rejoindre les jeunes Français. Au cours des dernières années du dix-neuvième siècle des Français partiront pour l'Amérique du Nord et pour Madagascar. D'autres vont bientôt partir pour l'Amérique du Sud et pour la Pologne.

Entre temps, la Congrégation s'est implantée en diverses parties de la France : dans le centre, à Noirétable, où elle prend en charge le vieux sanctuaire de Notre Dame de l'Hermitage (1889); tout près de la Mer Méditerranée, au Mont Saint Clair à Sète, où existe un sanctuaire salettin (1898) ; à Villeurbanne près de Lyon (1899), où elle va fonder un orphelinat. Mais tout change en 1901, lorsque l'Etat français adopte une loi qui interdit aux congrégations religieuses d'exister, sauf autorisation spéciale, jamais accordée à de très rares exceptions près. Il nous faut quitter notre maison mère, le sanctuaire de La Salette. Les maisons de Grenoble (rue Chanrion) et de Corps (Saint Joseph) sont confisquées, ainsi que celle, ouverte depuis peu, de Châtillon-sur Chalaronne, située tout près de la paroisse du saint curé d'Ars. Pour donner un exemple de la situation absurde ainsi créée : les Pères Angelier et Gachet sont condamnés à des peines de prison pour avoir continué à habiter à Notre Dame de l'Hermitage ! S'ils veulent se livrer au ministère en France, les M.S. doivent cacher leur appartenance à l'Institut. Les œuvres de formation doivent s'exiler. Dès 1901 une maison est fondée à Tournai en Belgique. Elle abrite l'école apostolique et, plus tard, également le scolasticat.

La guerre de 1914-1918 entraîne, indirectement, un net changement dans les relation entre l'Eglise et les pouvoirs publics. Les religieux peuvent revenir en France. Dès 1914 les M.S. prennent en charge une œuvre de jeunesse dans un quartier populaire de Paris. Puis ils reviennent à Grenoble, à Corps, à Notre Dame de l'Hermitage et, finalement, en 1943, au sanctuaire notre maison-mère. Ils prêchent des missions paroissiales et prennent en charge des paroisses. Des écoles apostoliques rouvrent en France. La dernière en date, celle fondée en 1950 à Voiteur, dans l'est de la France, non loin de la Suisse, fonctionnera plus de trente ans. Le scolasticat s'établit finalement à Alaï-Francheville près de Lyon, dans une maison qui, pendant la guerre, avait abrité l'Administration générale de l'Institut.

Pour que cette présentation du passé de la Province de France puisse être qualifiée d'objective, il nous faut ajouter quelques précisions douloureuses. Fin 1968 la Province comptait 165 membres dont 102 prêtres (sans compter les religieux français de Madagascar). Tous étaient entrés dans la Congrégation en France. D'après les dernières statistiques (fin 2010), elle ne compte plus que 39 membres entrés dans la Congrégation en France. La dernière ordination d'un membre de la Province né en France remonte à 1978 ! Des maisons ont dû être fermées, faute de personnel. Des renforts sont arrivés, heureusement, douze prêtres et un diacre, venant d'autres provinces, de Pologne d'abord, puis d'Amérique du sud, de Madagascar, d'Afrique, d'Asie.
Avec leur aide, une nouvelle maison a pu être fondée en 2007 dans l'archidiocèse de Besançon, où nous avons pris en charge le sanctuaire marial de Notre Dame du Chêne.

Les Missions de La Salette au Myanmar (Birmanie)
En 1936 la Birmanie reçut l'autonomie et fut séparée de l'Inde au point de vue administratif. L'histoire d'un des territoires missionnaires les plus difficiles parmi ceux confiés aux Missionnaire de Notre Dame de La Salette commença avec l'arrivée à Akyab (Sitwe) de cinq missionnaires, le 9 novembre 1937, sous la direction du Père Thomas Newman. L'État du Arakan (Rakhine), bien que proche de l'Inde au point de vue géographique, plus tard il fera partie du Pakistan oriental (Bangladesh), appartenait alors à la Birmanie (Myanmar). La partie Arakan d'un circonscription alors sous la responsabilité des Pères de Sainte Croix fut confiée aux salettins.
C'était un territoire isolé. On ne pouvait y accéder que par bateau. Le voyage depuis Rangoon (Yangon) ou Calcutta pouvait prendre trois jours. Akyab était situé au centre de la mission, mais la majeure partie des activités avait lieu au sud, à Sandoway (Thandwe). Le Père Tom était couché avec la malaria, lorsqu'il apprit qu'un de ses confrères salettins, le Père Weslak, était malade. Il ne pouvait donc se rendre chez lui. Lorsqu'on lui dit qu'il allait mieux, il se rendit à Akyab, pour assister au départ du dernier Missionnaire de la Sainte Croix. Avant d'y arriver le 14 février 1938, Tom apprit que le P. Weslak était décédé la veille, sans que l'on sache de quelle maladie. Mais il fallait que la mission continue à vivre. Avec l'arrivée de nouveaux missionnaires, la mission présentait un aspect prometteur. Prome (Pyay), qui appartient à Rangoon, fut ajouté à la mission. En 1942 la seconde guerre mondiale atteignit la région. A cette époque le P. Phil Gardener fut assassiné à Aunglan près de Prome (Pyay) par des bandits. Ce ne fut qu'après la fin de la guerre que, dans une tombe étroite, on découvrit son corps. On avait réussi à l'identifier grâce à la présence de sa montre.
C'est après la guerre que l'activité missionnaire atteignit son sommet. Du fait que le pays continuait à être une colonie de la Grande Bretagne, il n'était pas trop difficile d'obtenir des visas. La situation changea lorsque le pays devint indépendant, le 4 janvier 1948. Il fut désormais impossible d'obtenir un visa permanent et il devenait difficile d'obtenir un visa temporaire. Le 19 juillet 1947 furent assassinés les dirigeants politiques du pays, à l'exception d'un seul. A la suite d'un mauvais rêve, ce dernier s'abstint de participer à la réunion du cabinet fantôme. Il y avait tant de problèmes dans le pays ! Les militaires reçurent le pouvoir. Au bout de quelques mois il y eut des élections. Le 2 mars 1962 le général U Ne Win prit le pouvoir, et la situation alla de mal en pis. Les émeutes et le massacre de nombreux étudiants en 1977 et en 1988 furent les moments les plus sombres dans l'histoire du pays. Il y eut de nouvelles élections en 1990, mais, du fait qu'une constitution valide n'existait pas, les élus ne purent gouverner.
Cependant les missionnaires ne perdirent jamais espoir. Ils fondèrent en 1962 à Akyab une école apostolique (petit séminaire). En 1963 ils envoyèrent leur premier étudiant (Bernard Taylor) étudier à l'étranger, aux Philippines. Son visa était limité aux Philippines, à la Thaïlande et à Hong Kong. Du fait de la nationalisation des écoles privées (les salettins perdirent quatre écoles), le petit séminaire fut fermé en 1965. Après sa fermeture, le P. Noonan s'occupa de vocations pour le diocèse et envoya les candidats au séminaire de Taunggyi. Il dut partir, parce que son visa, comme celui d'autres étrangers, ne fut pas renouvelé. A cette époque fut nommé à Prome un garde forestier catholique, dont un fils, Cornelius Kyaw Khine, étudiait la théologie à Rangoon. Mgr Newman plaida auprès de l'archevêque de Rangoon, afin qu'il fut assigné au diocèse. En 1967 il l'ordonna comme premier prêtre originaire du pays. Au cours des années soixante-dix il y eut d'autre prêtres dans le même cas : les Pères Bernard Taylor et Raphael Pho Seh en 1972, puis le Père Peter Maung Yin en 1973. Lorsqu'en 1975 il y cinq autres nouveaux prêtres dans le diocèse, les salettins décidèrent de tout passer au clergé indigène. En février 1976 Mgr Joseph Thaung Shwe devint évêque du diocèse. En novembre, après 39 années de présence, les deux derniers Missionnaires de Notre-Dame de La Salette, les Pères Charlie Gendron et Mike Blumm, quittèrent le Myanmar.
La période Latente : Les salettins partirent, mais la dévotion à Notre-Dame de La Salette demeura vivante dans le diocèse. En 1979 le P. Bernard Taylor quitta le diocèse pour rejoindre les salettins aux Philippines. Bien que les M.S. fussent absents physiquement, les gens continuaient à vénérer Notre Dame sous le titre de Notre Dame de La Salette.
Les recommencements : Au milieu des années 90, le P. Taylor se mit à recruter au Myanmar pour les salettins. Il y eut bientôt des séminaristes du Mynmar à Silang, Philippines, ensemble avec des confrères venus de l'Inde. Le 1er mai 2000 quatre salettins du Myanmar prononcèrent leurs premiers voeux. Ils furent ordonnés prêtres le 4 mai 2004. Après plusieurs visites au Myanmar, le Conseil Général décida en 2005 de rétablir la mission. Le 5 novembre de la même années les salettins prirent en charge le sanctuaire marial de Notre-Dame du Rosaire à Chanthagone ainsi que la paroisse locale, la paroisse voisine établie à Myauk Kine et la quasi-paroisse de Myitnge. Après une très longue absence, avec l'aide de l'évêque, des prêtres, des religieux et de la population de Mandalay, les nouveaux missionnaires s'adaptèrent à leur pays d'origine et à sa culture.
La révolution "saffron" eut lieu en 2007, une année difficile. Des manifestations sanguinaires dirigées par des moines bouddhiste obligèrent à retarder l'ordination du P. Thomas Htang Shan Mong. Les autorités (le délégué apostolique et le supérieur général des M.S) étaient dans l'impossibilité de venir. La première ordination salettine eut lieu le 26 octobre 2007, au sanctuaire de Notre-Dame de Mandalay, sous la présidence de l'archevêque, Mgr Paul Grawng.
Trois autres prêtres ont été ordonnés en 2008, puis un nouveau groupe de trois en 2009. Avec l'ordination de ce dernier groupe, la première partie de l'histoire de notre jeune mission atteignit son terme. A présent nous sommes chargés du sanctuaire marial diocésain de Notre-Dame du Rosaire et de quatre paroisses (Chanthagone, Myauk Kine-Myitnge, Zawgyi et Sinbyu). Trois des nôtres se trouvent au séminaire diocésain.
A côté de ces charges permanentes, les missionnaires se sont occupés de retraites, d'ateliers et de séminaires/programmes de formation au profit d'évêques, de prêtres, de religieux et de laïcs. A Chanthagone, avec l'aide financière de la Propagation de la foi, a été établi un "centre spirituel". Une nouvelle maison centrale est près de son achèvement. Elle procurera aux missionnaires un havre de paix. La tempête Nargis a été pour de nombreux confrères et soeurs de la Salette une occasion de faire preuve de générosité. Les restrictions imposées aux aides en faveur des victimes de la part d'organisations privées ou d'individus furent appliquées avec rigueur. Cependant une réglementation a beau être stricte, il y a toujours moyen de la contourner. Avec l'aide de parents et d'amis, le P. Taylor a pu secourir maints agriculteurs, orphelins et autres victimes. Il a fallu arrêter la construction d'un dispensaire. Le gouvernement prit le terrain, car il se trouve tout près de l'endroit où on pense construire un pont.
L'avenir : Les missionnaires projettent de "faire connaître le message" au moyen de "journées d'étude". Ecoutant l'invitation de Notre Dame, "Approchez", ils s'efforcent d'établir un programme bien équilibré d'apostolat, de recrutement et de formation. On étudie actuellement la possibilité d'étendre les missions jusqu'à Myitkyina, où se trouvent les Soeurs de La Salette. Il y a deux candidats, qui font actuellement leur philosophie, et quatre "regardants", qui pensent entrer chez nous. D'ici une année ou deux, certains seront prêts pour le postulat et le noviciat.
Nous veillons à ne pas nous éparpiller, tout en visant à aider au maximum l'Eglise locale et la Congrégation. S'efforçant de discerner les intentions de notre Mère bénie à l'égard des missionnaires, ceux-ci devront faire le meilleur usage possible des maigres ressources, qui consistent en dons venant de Dieu, de notre Mère, de la Congrégation, d'amis et de parents. Il faudra mettre en route le recrutement. Les salettins ont l'avantage d'être la troisième congrégation de droit pontifical présente avec des membres originaire du pays, les deux autres étant les salésiens et les Frères des écoles chrétiennes. On projette d'établir pour le Myanmar un programme de formation salettine, mais cela prendra sans doute du temps.
En dépit des restrictions et interdictions, il a été possible d'acquérir des propriétés et de bâtir. La générosité du Conseil Général et des autres provinces a supprimé les soucis d'ordre financier. On est en train de constituer un fonds pour la formation. Une fois que l'on aura trouvé un endroit convenable pour la maison centrale, sa construction sera mise en route. Elle abritera, outre ceux en formation, un centre spirituel et un sanctuaire. Mandalay se trouve juste au centre du pays et les connexions sont excellentes. Pour nous aider à faire passer son message de réconciliation, Notre Dame nous a amenés au centre du pays. Merci à tous ceux qui se sont joints à nous pour construire ces missions.
Père Bernard Taylor, MS

LES MISSIONNAIRES DE NOTRE-DAME DE LA SALETTE AU BRESIL

C´est en 1902, le 18 décembre, qui arrive au Brésil le premier Missionnaire de La Salette, P. Clément Henri Moussier, autorisé par une décision du Conseil Géneral (Superieur Général P. Joseph Perin), prise dans la séance du 16 au 18 avril 1902. Au long des années d´autres pères français ( Léon Perroche, Eugène Beaup, François Burdin, Paul Charton, Paul Ravier, Jean Helme, Augustin Poncet, Henri Mao, Paul André Duguet, Paul Simon Baccelli, Adolphe Philibert, Pascal Rochedreux, Célestin Crozet)) et frères (Alfred Villard, Raphael Rozec, Jean Creff, Edmond Bettaz, Raymond Babotin, sont arrivées. Plus tard des pères suisses (Alphonse Bovier, Albert Allaman, Franz Xavier Hoegger, Fidelis Willi, Etienne Graven, Edouard Summermater, Joseph Raschele, Joseph Graff, Leo Sarbach, Erwin Kauffmann), pères nord-americains, (Francis Paul Allard, Francis Amos Connor, Theodore Brandley, John Bric) et le frère scolastique : Thadeus Wizikowki. Italien : Père Giuseppe Nuzzo. Polonais : Père Arthur Dudziak, Père Robert Janowski.

Le P. Moussier et d´autres religieux salettins qui sont arrivés au long des années commençèrent leur ministère à l´intérieur de l´Etat de São Paulo, comme aumôniers des Soeurs de Saint Joseph de Chambéry, à Itú, Jaú, Campinas, curés de la Paroisse du Sacré-Cœur à Santa Cruz das Palmeiras (1907). Dès 1904 il partent vers la capitale, São Paulo, où le Père Moussier est nommé ( 24 août 1904) curé de la Paroisse de Sainte Anne et aumônier du Collège des Sœurs de Saint José de Chambéry, au quartier de Santana. Avec l´arrivée de deux autres missionnaires (Alphonse Bovier et Jean Helme), commençait la première communauté salettine au Brésil. Les Pères Moussier et Bovier exerçaient leur ministère dans la capitale, São Paulo, et P. Helme à l´intérieur, dans la petite ville de Jaú.
L´élan missionnaire du P. Moussier, portait au cœur un grand rêve : bâtir une base solide pour la Congrégation et ériger un Sanctuaire dédié a la Vierge de La Salette dans la capitale fédérale, Rio de Janeiro, centre politico-administratif du Pays. Au deuxième semestre 1911 le P. Fidèlis Willi passa trois ou quatre mois à Rio de Janeiro, comme aumônier des Sœurs des Saints Anges, pour prendre connaissance des possibilités.
Le 16 juillet 1913, les Missionnaires de La Salette achetèrent des terrains dans le quartier pauvre de Catumbi, pour établir une résidence et bâtir une petite chapelle dédiée à Notre Dame de La Salette. Au mois d´avril 1915, la communauté salettine locale décida de faire une quête pour la construction d´une grande église paroissiale. Le 20 janvier le Cardinal Joaquim Arcoverde, bénit la première pierre du sanctuaire de Notre Dame de La Salette. Le 13 novembre 1927, le Cardinal Sebastião Leme, présida l´inauguration solennelle du nouveau sanctuaire.
* L´idée de la fondation d´un séminaire apostolique se faisait présente dès 1911, mais la guerre (1914-1918), et d´autres difficultés, portèrent sa concrétisation a 17 années plus tard et 26 années après l´arrivée du premier missionnaire salettin au Brésil,. La recherche d´une place pour le séminaire aboutit au Rio Grande do Sul, où les missionnaires furent accueillis avec plaisir par l´ évêque de Santa Maria, Mons. Ático Eusébio da Rocha, qui créa pour eux une paroisse à Marcelino Ramos, et fait la nomination du premier curé, P. Augustin Poncet. L´évêque autorisait aussi la construction d´un séminaire sur le terrain de la nouvelle paroisse, le 12 mars 1928. Le Père Louis Sorrel, envoyé du Père Général (P. Célestin Crozet), accompagné du P. Fidelis Willi et du P. André Duguet, ouvrit officiellement le séminaire le 02 juillet 1928 dans une petite maison en bois. Le même jour sont arrivés les premiers séminaristes. Le construction d´un séminaire adéquat commença en 1930, a partir d´un projet du P. Picard, Econome Général, arrivé au Brésil pour orienter ce bâtiment. Le 23 mars 1931, les séminaristes occupèrent joyeusement la nouvelle maison, encore sans portes et fenêtres... Les premières professions religieuses des salettins brésiliens eurent lieu en 1933, et la première ordination sacerdotale (P. João Neukirchen), en 1938.

L´élévation de la Région du Brésil en Province « Immaculée Conception » est arrivée en 1934, sous le mandat du Supérieur Général, P. Etienne-Xavier Cruveiller. Premier Supérieur Provincial : P. Simon Baccelli.

* Trois missionnaires de La Salette exercent leur ministère pastoral en Allemagne, dans la région du diocèse Stuttgart-Rottembourg. Ils sont nommés pour le ministère spécifique des fidèles de langue portugaise. Ils desservent régulièrement nombreuses communautés de fidèles parsemées dans des villes et villages.
* Dans ce pays-continent, le message de Notre Dame de La Salette, est bien connu. Des dizaines des petites chapelles, paroisses, et sanctuaires lui sont dédiés. Six sanctuaires sont déservis directement par les Missionnaires de La Salette : Rio de Janeiro (Rio de Janeiro), Marcelino Ramos (Rio Grande do Sul), São Paulo (São Paulo), Curitiba (Paraná), Caldas Novas (Goiás), Várzea Grande (Mato Grosso)
* 1. Noviciat conjoint :Depuis bien de temps, l´année de noviciat de la Région d´Argentine et de la Province du Brésil, est conjoint, et fait, de commun accord, soit au Brésil, soit en Bolivie, selon les circonstances.
2. Promotion vocationnelle : la Province du Brésil dispose de deux centres : Un au sud : União da Vitória (Paraná) ; un au nord-est : Salvador (Bahia). La formation initiale des séminaristes et religieux est assurée dans six maisons : União da Vitória, Curitiba, São Paulo, Belo Horizonte, Salvador (02)
3. Missions populaires : Dès 1963 les missionnaires salettins ont fait des belles expériences pour l´évangélisation du peuple, par des missions populaires. Mais c´est en 1980 qui arrive la consolidation officielle avec la création de l´ « Equipe Missionária Saletina » composée de missionnaires et laïcs. Depuis trente ans elle continue bien dynamique et porte l´évangile et le message de La Salette a des centaines de paroisses et communautés.
4. Revista Salette: Fondée en 1917, et publiée sans interruption, ce magasin presque centenaire, continue avec des milliers d´abonnés du sud au nord du Brésil.
* En 1966 la Province Immaculée Conception connût un nouvel essor avec la création de la « Mission de Bahia » avec son pied à terre dans la ville de Valença, et assurant le ministère paroissial dans d´autres paroisses. Aujourd´hui elle marque une très belle présence dans cet Etat du nord-est, d´où sortirent nombre de prêtres et séminaristes de la Province.
Cujubim: Amazonie: Mais l´esprit missionnaire trouve toujours de nouveaux défis qui ne le découragent pas. La Province accepta (2008) l´appel missionnaire de partir vers l´Amazonie pour desservir la paroisse de Cujubim dans le diocèse de Porto Velho, État de Rondonia.
Alagoinhas: Spiritualité de Taizé: Voilà que l´écoute de l´Esprit nous invite a un défi tout à fait peu commun : un partenariat avec les frères de Taizé, dans le Centre de Spiritualité, à Alagoinhas, dans l´Etat de Bahia.
Bolívar Hauck, MS

Brève histoire de la Province Matha, Indes

Février 1978 est une date significative dans l'histoire de la Congrégation des Missionnaires de Notre Dame de la Salette. Ce fut alors que le Père Efren Musngi, supérieur provincial de la Vice-Province des Philippines Ina ng pag-Asa, décida de prendre part à la réunion des supérieurs majeurs des congrégations religieuses d'Asie. Celle-ci eut lieu à Bangalore. Le principal orateur de la réunion fut Son Exc. Mgr Antony Padiyara, alors archevêque de Changanaserry et, plus tard, archevêque majeur du Kerala et son deuxième cardinal. Le cardinal Padiyara était un fervent de la bienheureuse Vierge Marie. La rencontre entre deux fils de Marie, le P. Musngi et le cardinal, devait tout naturellement porter du fruit. L'archevêque invita le P. Musngi à passer quelques jours dans le diocèse, ce que ce dernier accepta volontiers. Il lui promit son aide en vue du recrutement de candidats pour notre Congrégation. Furent ainsi ouvertes à une présence salettine les Indes et, en particulier, l'Église syro-malabare du Kerala, Église qui a reçu l'évangile de longs siècles avant l'arrivée de prêtres venus d'Europe. Sa liturgie est d'origine syrienne. - Ravi de la réaction de l'évêque, le P. Musngi retourna aux Philippines. Quelques mois plus tard il alla en Suisse participer au Conseil de Congrégation. Il fit part de sa rencontre avec l'évêque. Le Conseil, acceptant la proposition du P. Musngi, promit de bénir le projet et de l'aider. On confia à la Province des Philippines la responsabilité du recrutement des candidats. Dès son retour aux Philippines, le P. Musngi mit en route les préparatifs et envoya les Pères Orlando Sapuay et William Slight aux Indes. Aidés par l'évêque et des prêtres du diocèse, ils recrutèrent les premiers candidats indiens. Le premier groupe de candidats originaires des Indes, Mathew Manjaly, Augustine Cheerakathil, et le diacre Philip Pazhayachira arrivèrent aux Philippines en 1979 et y commencèrent leur formation. L'année suivante le P. Rutillo Mallillin fut envoyé aux Indes et y recruta Jose Kuzhinjalil, Joseph Punnakunnel, le diacre Andrews Kollannoor, Chukkanaickal Joy et Job Callarackal.
Le 1er mai 1981 vit la profession religieuse des premiers salettins originaires des Indes, Jose Kuzhinjalil et Joseph Punnakunnel. Le 5 décembre 1985 fut ordonné le premier de nos prêtres originaires des Indes. Pendant tout ce temps le recrutement se poursuivit, grâce aux Pères Efren Tomas et Manuel Medina. En 1988 le P. Jose Kuzhinjalil revint aux Indes. Le diocèse de Trivandrum lui confia une petite paroisse, St Joseph, Vamanapurm. C'est ainsi que débuta aux Indes la présence active des Missionnaires de La Salette.
Au cours de la même année le P. Joseph Punnakunnel rejoignit le P. Jose K. et, ensemble, ils commencèrent à recruter des candidats pour le petit séminaire. Le premier groupe de petits séminaristes fut accueilli au centre diocésain appelé Centre pour une Vie Meilleure, Aloor, Irinjalakuda, tandis que ceux qui avaient terminé leurs études de philosophie furent envoyés aux Philippines. L'année suivante le P. Andrews retourna aux Indes. Avec l'aide du frère de celui-ci, le P. John Kollannor, CMI, la congrégation fit à Parakkadavu l'acquisition d'un vieil hôpital qui avait appartenu aux Soeurs carmélites. Après avoir subi les modifications et rénovations qui s'imposaient, la maison fut bénie officiellement le 17 août 1990 et reçut le nom de La Salette Bhavan. Ce petit séminaire fut notre première maison dans le sous-continent des Indes. La Congrégation commença alors à croître pour de bon quant au nombre de ses membres et à l'activité ministérielle. En 1997 une deuxième maison de formation fut ouverte, La Salette Sadhan, à Bangalore, et en 1998 une troisième, La Salette Nikethan à Hunsur, Mysore.
Durant toutes ces années le Supérieur Général, ensemble avec son Conseil et toute la Congrégation, encouragèrent la jeune mission indienne. Ils l'aidèrent à concevoir par avance l'idéal d'une mission. Toutes les Provinces et Régions, ensemble avec notre Province-mère et la Province d'Amérique du Nord ont généreusement pourvu à nos besoins.
En 2001 l'Inde devint Région et le P. Mathew Manjaly fut élu premier Supérieur régional. L'année 2003 connut notre début dans le ministère auprès des écoles, avec l'école La Salette Vidyanikethan, à Hunsur, Mysore, en faveur des enfants pauvres du village. En 2005 débuta notre mission du Nord Kerala, avec l'ouverture d'un centre d'aide familiale et de retraites, La Salette Ashram, Mananthavady. Poussée par le généralat et tout particulièrement par le Rév. P. Isidro Perin et grâce à leur généreux soutien comme celui de l'ensemble de la Congrégation, l'Inde devint en 2007 une Province. Le P. Andrews Kollannoor fut élu Supérieur provincial de la Province salettine Matha, nouvellement érigée. En 2010 eut lieu la bénédiction de notre maison missionnaire La Salette Nilayam, à Andhra Pradesh.
La Province compte actuellement 36 prêtres, 21 scolastiques, 56 séminaristes et 5 maisons dans trois États de l'Inde. Elle sert le peuple de Dieu au moyen de notre école, au moyen aussi de retraites, de centres de conseil ainsi que du ministère paroissial. Nous contribuons à la vie des Provinces de Philippines, d'Amérique, de France, d'Italie, d'Argentine-Bolivie et du généralat par la présence en leur sein de nos membres. La récente présence de la Province dans les diocèses de Parramatta et Canberra en Australie est appréciée par les évêques et les communautés chrétiennes. Sous la conduite du P. Jojohn Chettiyakunnel, notre provincial actuel, nous nous efforçons de faire de la vision et mission de la Province une réalité.
Tandis que nous mettons en route les préparatifs en vue du jubilé d'argent de notre présence aux Indes, nous exprimons notre cordiale gratitude à Dieu tout-puissant ainsi qu'aux administrations générales du passé et du présent, aux supérieurs provinciaux et régionaux, aux membres des diverses Provinces et à tous ceux qui nous ont aidés à devenir ce que nous sommes aujourd'hui.
Jolly Ayyamkolil,MS



En disant «faites-le passer à tout mon peuple », Marie a montré à son peuple l'urgence de se réconcilier avec le prochain et avec Dieu : une réconciliation « verticale et horizontale ». Cette urgence, Marie l'a manifestée par ses larmes auprês de son peuple. Elle a été elle-même missionnaire de cette réconciliation. Elle est venue de loin, de là-haut, pour rejoindre deux petits bergers dans la montagne!

Un peu d'histoire

C'est ce qu'ont fait les missionnaires salettins de Suisse, quand ils sont venus en Angola, il y a plus de soixante ans, pour partager avec nous cette réconciliation, qui est d'abord un message évangélique. Ce message animait la vie et l'engagement de ces hommes venus de loin. La Salette existe depuis 63 ans en Angola. C'était exactement en 1946, l'année du centenaire de l'apparition. A leur arrivée, les missionnaires ne connaissaient pas les gens du pays, ils ne savaient rien de leur culture et ils ne connaissaient pas non plus leur langue mais seulement quelques bribes de portugais. Il leur a donc fallu se débrouiller pour apprendre les langues locales, surtout I'Umbundu, la langue de la majorité de la population angolaise.
Mais ce n'était pas la difficulté des langues qui allait les arrêter! Il suffit de se rappeler que le message lui-même a été transmis en français et en patois. Si le message de Marie avait pu s'arrêter à la barriêre des langues, on ne l'entendrait pas aujourd'hui dans de nombreux pays, il tomberait par terre et serait comme une fumée tenue à l'horizon. Voila les noms des premiers missionnaires suisses en Angola : Emílio Truffer, Rafael Meichtry, Eduardo Jud, João Baptista Damann, Otmar Schweizer, Justo Villiger, João Meier et Roberto Harder. Nous leur devons toute notre reconnaissance et ils méritent que nous leur rendions hommage pour toujours. Il ne reste aujourd'hui que quatre Pères suisses en Angola: Luis Keller, Francisco Eggs, Viktor Andereggen et José Oehri. Ces quatres Pères ne font pas partie du premier groupe

Le travail des missionnaires

Les missionnaires ont effectué un gros travail de traduction des livres de théologie et de spiritualité, de liturgie et de pastorale des vocations ainsi que des livres utilisés pour la prière. Les PP. Joaquim Hatewa, MS. et Roberto Harder, MS, suisse, ont été à l'origine de la fondation des « Sœurs de Santa Catarina ». La présence des sœurs de Notre-Dame de La Salette en Angola se doit beaucoup au P. Joaquim Hatewa, MS angolais. L'édition du CD 'Vozes da Reconciliação', qui veut dire 'Voix de la Réconciliation', est un projet qui a été mis en place par le P. Adriano Elias, MS, et qui fait donc partie du travail apostolique de nos missionnaires. En ce moment le Père Adriano est train d'enregistrer la deuxième édition.

Le grand défi

La réconciliation reste un défi urgent. L'Angola, bien qu'elle soit sortie de la guerre civile, elle est encore fortement marquée par un passé qu'elle ne peut pas trop facilement oublier. La guerre était angolaise mais elle a été très influencée par des forces extérieures au pays. Un ami a affronté un ami, un frère a affronté son frère, une famille a affronté sa propre famille. Les blessures de la guerre continuent; il faudra encore bien du temps avant qu'elles guérissent; les cœurs sont encore brouillés. La guerre des armes et des bombes est terminée, mais la guerre des préjugés culturels, tribaux et ethniques continue. La Réconciliation en Angola est une « urgence urgente ». Animés par leur charisme, les missionnaires salettins se consacrent sans cesse à la réconciliation des cœurs blessés et rancuniers. La guerre laisse derrière elle beaucoup de gens qui sont morts, souvent, d'une façon cruelle.
Certains ont perdu leurs pères, mères, frères, cousins, neveux, etc. Dans certains cas on sait qui a tué qui. Et la tendance est de vouloir se venger des atrocités commises. Les missionnaires salettins ouvrent des chemins de réconciliation au moment où l'Angola se prépare aux élections législatives de septembre. Et ceci est un appel à travailler sérieusement à se libérer des situations déjà vécues en 1992.

La croissance de Salettins en Angola

De même que la semence tombée en terre doit mourir pour porter du fruit, les missionnaires ont ouvert des séminaires pour former les Salettins angolais. Cette ouverture a provoqué la croissance de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales aussi bien salettines que diocésaines.
Aujourd'hui, La Salette en Angola peut compter sur un grand nombre de vocations en constante augmentation : « Cent par un ». Angola a quatre maisons de formation dans les différentes étapes: le Propédeutique, la Philosophie, le Noviciat, et Scolasticat. Le Scolasticat va bientôt se transférer à Benguela, une fois achevée la construction du nouveau Scolasticat à Cavaco-Benguela. La philosophie provisoirement se trouve à Benguela. Quand il y aura des bonnes conditions de logement à Huambo (au centre du pays), la philosophie retournera à Huambo. Nous pouvons dire que Huambo est le bastion de la Région, en termes de formation, parce que dans le passé y il y avait la maison de la philosophie et le scolasticat. Mais, à cause de la guerre, tout a dû être transféré à Benguela, sur la côte, où l'on pouvait jouir d'une sécurité relative.
Dieu a bénit la région de l'Angola avec des nombreuses vocations. Les statistiques actuelles le montrent clairement. Actuellement La Salette en Angola dispose de 64 prêtres, 2 diacres, 3 frères, 21 profès, 2 novices et 162 séminaristes (y compris les 19 profès) partagés entre le Propédeutique, la philosophie et la théologie.
Nous avons des confrères à l'extérieur du pays, en France, en Italie, en Namibie, au Portugal et aux Etats-Unis, qui travaillent dans la pastorale ou qui font des études dans les divers domaines de la connaissance. Notre maison régionale se trouve à Catumbela.
Voilà les ministères assurés par les membres de notre Région : en Angola: Mission de Catumbela, Mission de Hanha, Mission de Malongo, Mission de Ndunde-Ganda, Mission de Tchindjendje, Mission de Cubal, Mission de Kalukembe, Mission de Kola, Mission de Mussolo, Paroisse de Mapunda, Paroisse de Forte et la Communauté du Huambo. Hors du Pays: Opuwo et Omuthiya en Namibie et Porto au Portugal.
Le premier supérieur régional
Les 8 premiers missionnaires sont arrivés en 1946. Une fois la mission érigée en district,le Père Emil Truffer, de nationalité suisse, en est devenu le Supérieur. La Région en tant que telle, a été créé en 1964. Le premier Supérieur régional a été le Père Eduardo Jud, suisse (de bienheureuse mémoire), et le premier supérieur régional angolais a été le Père Tarcísio Tchiheke, qui actuellement est le directeur du CESAFE (Centre Salettin de formation et de spiritualité) à Lubango.
Voilà la liste des Supérieurs régionaux suisses et angolais:
De 1946-1964 - Pe.Emil Truffer (Suisse) – en tant que district
De 1964-1973 - Pe.Eduardo Jud (suisse et 1er Supérieur Régional)
De 1973-1988 - Pe Emil Frick (Suisse)
De 1988-1996 - Pe.Tarcício Tchiheke (1er supérieur régionale angolais)
De 1996-2000 - Pe.Alberto Ilidio (Angola)
De 2000-2006 - Pe.Pedro Tchingandu (Angola)
De 2006 ------ - Pe.Venâncio Nunda (Angola)

Le Chapitre Régional de 2009
Le chapitre régional de 2009 a eu lieu du 12 au 19 Janvier 2009 au Centre Saletin de formation et de spiritualité (CESAFE). Ça été un bon chapitre qui a été bien orienté par une retraite initiale donnée par le Père Dionísio, prêtre du diocèse de Ondjiva (Cunene), qui travail au niveau de la CEAST (Conférence épiscopale d'Angola et S. Tomé et Principe) en tant que secrétaire pour la pastorale. Le Père a abordé les problèmes concernant la vie sacerdotale et religieuse, ses progrès et ses reculs et aussi les questions brûlantes et les défis venant du monde actuel.
En effet, grâce à sa capacité de savoir bien communiquer et de proposer des bonnes réflexions, les membres de la région ont été remplis d'un esprit nouveau qui leur a permis de renouveler ainsi leur engagement religieux et sacerdotal. On peut affirmer que le Père Dionísio a bien su maîtriser toutes les questions. Puisqu'il s'est révélé un homme plein de sagesse les membres du chapitre ont souhaité qu'il soit encore parmi eux dans l'avenir. Nous avons passé deux jours pleins à l'écoute attentive de sa parole et nous pouvons affirmer que cette retraite s'est révélée un véritable baume pour la démarche et la bonne réussite du chapitre.
Le moment le plus solennel de ce chapitre a été l'élection du nouveau Conseil régional qui a eu lieu le 16 Janvier 2009. Il est bon de remarquer qu' avant chaque élection, le chant et la prière à l'Esprit Saint, ont permis d'instaurer un climat doux, fertile et positif au sein même de l'assemblée capitulaire. Pe.Venâncio Nunda, MS, a été réélu Supérieur Régional par un vote quasi unanime (46 voix sur 50 votants). Ont été élus le même jour également, le Père Lourenço Flaviano Kambalu, MS, pour le poste de Vicaire Régional, et le Père Gabriel Ngonga, MS, pour le poste de Conseilleur régional. Ça été une véritable grâce pour les capitualants que d'avoir parmi eux le Père Leslaw Panczak, Conseiller général et délégué du Supérieur Général à participer à cet événement. Avec le Père Leslaw nous avons pu expérimenter de prêt la présence de l'Institut et il nous a appris à nous aimer. Je le remercie sincèrement de sa présence en Angola.

Par Père ANTÓNIO DOS SANTOS TCHINDAU, MS
Angola

Région de Marie Reine des Apôtres Argentine et Bolivie

L'origine de la présence salettine en Argentine a un lien avec le Congrès eucharistique international qui eut lieu à Buenos Aires, en 1934. Le délégué papal pour ce Congrès fut le cardinal Pacelli, qui devint ensuite pape sous le nom de Pie XII. Une délégation de Pologne, avec à sa tête le cardinal primat du pays, participa au Congrès. Les évêques d'Argentine avaient conscience qu'une vague d'immigrants arriverait de Pologne. Soucieux de répondre à leurs besoins d'ordre pastoral, ils lancèrent un appel en vue d'obtenir des missionnaires polonais.

     Les salettins répondirent à cet appel par une visite, en 1937, du supérieur de la Province de Pologne, le Père Kolbuch, et du Père Edward Sudyka. Une décision fut prise. Le Père Sudyka fut nommé à la paroisse de San José, au diocèse de La Plata, Buenos Aires. Doc Sud, situé tout près, offrit les premiers contacts avec des immigrants polonais. Dès les débuts, les Missionnaires de Notre-Dame de La Salette répondirent aux besoins tant des immigrants que de la population locale. L'arrivée, ensuite, des Pères Luis Zawisa, Casimir Kornafel, Joseph Paprocki et Ladislau Pykoz, ainsi que des Frères Juan Maszczak et Adalberto Cieslak, donna vigueur à cette nouvelle mission. Au bout d'un certain temps, étant donné les engagements d'autres congrégations en ce qui concernait les besoins des immigrants venus de Pologne, on décida de quitter Doc Sud, pour prendre en charge des missions dans la province orientale de Santa Fe ainsi qu'à Córdoba. Finalement deux paroisses salettines furent établies, une à Barrio Candiotti, Santa Fe, et l'autre à Yofre Norte, Córdoba. Elles continuent à être desservies par les Missionnaires de La Salette.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en 1939 empêcha l'envoi de nouveaux missionnaires. Il y eut de sérieuses conséquences pour la vie commune ainsi que pour le soutien d'ordre économique, qui jusque-là venait de Pologne. Pour survivre, la petite équipe missionnaire dut combattre. On lança une revue, le Message de La Salette, qui durant de nombreuses années fit connaître La Salette. Poussés par un ardent désir de rendre la présence salettine en Argentine permanente, les Missionnaires ouvrirent une première école apostolique près de Córdoba, à Barrion Patricios,. Elle attirait surtout des enfants pauvres appartenant à des familles d'immigrants polonais de la province de Chaco, située dans la nord-est. Bientôt après, avec le souci en tête de la qualité de la formation à donner, les Missionnaires acceptèrent de prendre en charge l'administration d'un pensionnat à Santa Rosa de Rio Primero, situé dans une zone rurale de Córdoba. En raison de la seconde guerre mondiale qui venait d'éclater, les membres de la Congrégation religieuse qui administrait cette école avaient été rappelés en France, pour répondre à leurs obligations militaires. Au cours des sept ou huit années qui suivirent, les Missionnaires administrèrent l'école et poursuivirent la formation de leurs propres candidats. Ils le firent avec l'aide du Père Dantin, de la province de France, arrivé de Madagascar. Le P. Dantin décéda et fut enterré à Santa Rosa de Rio Primero. Poussés par le désir d'améliorer encore davantage la qualité de la formation, les Missionnaires décidèrent d'acheter un terrain d'environ sept hectares à Pilar, localité qui se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de Buenos Aires. Ils le firent avec l'aide des Pères et Frères américains d'Olivet.

La proximité de divers séminaires donnait l'espoir de pouvoir offrir une meilleure formation. Le Père Casimir Kornafel, qui pendant quelque neuf années avait été curé dans la zone la plus méridionale de la province de Buenos Aires, accepta d'aménager la propriété. Avec l'aide des séminaristes, il l'a mise en état, construisant deux petits bâtiments avec chapelle, dortoirs et salles de classe, qui s'ajoutèrent au petit chalet qui se trouvait déjà dans la propriété. Titulaire d'un doctorat en philosophie de la Grégorienne, mais paysan de cœur, le P. Kornafel ne tarda pas à rendre la propriété productive. Malheureusement, d'après le P. Kornafel presque tous les séminaristes, épuisés, semble-t-il, par le dur travail à fournir, quittèrent Pilar, pour retourner chez eux. Cependant plusieurs séminaristes arrivèrent en philosophie et purent étudier à la Grégorienne. Le Père Joseph Frydryk, décédé en 2007 et enterré à Córdoba, fut le seul à arriver à la prêtrise. Le Père Kornafel resta à Pilar jusqu'à son décès en 1990. L'année suivante le Père Zawisza mourut à Cordoba. Tous les deux sont enterrés dans le cimetière de la ville du Président Derqui, située pas loin de Pilar. Le Père Louis y avait été curé durant de longues années. Pendant tout ce temps-là, les paroisses de Santa Fe et de Cordoba avaient continué à être desservies par les Pères Paprocki et Pykos, aidés par divers Missionnaires venus d'Amérique du Nord. Le Père Paprocki mourut comme curé à Santa Fe en 1975. C'est là qu'il fut enterré. Le Père Pykoz retourna en Europe. D'autres décidèrent de rejoindre la Province polono-américaine d'Olivet,

Une autre porte s'ouvrit, à la suite de l'évolution de la situation politique en Birmanie, maintenant Myanmar. Il devint impossible à la Province américaine de Hartford d'y renforcer sa présence. A la lumière de l'appel lancé par le pape Jean XXIII en faveur d'une intensification de l'évangélisation en Amérique du Sud, le Conseil Général recommanda à la Province d'Harford de prendre soin de la mission d'Argentine dans l'avenir. Après une visite par le provincial, le Père Michael Cox, la décision fut prise d'y envoyer, en guise d'engagement au niveau de la Province, les trois premiers Américains. Ce furent les Pères John Bradford, Steve Krisanda and Jim Weeks. Dans le souci de respecter les Pères polonais et pour ne pas avoir l'air de mettre main basse sur leur mission, ils prirent en charge la paroisse de Notre Dame du Perpétuel Secours à Las Termas de Rio Hondo, située dans une province septentrionale pauvre, Santiago del Estero. Ils répondirent ainsi à un urgent besoin de l'évêque de ce lieu : disposer de prêtres à demeure. Les salettins continuent à oeuvrer dans cette paroisse rurale étendue et, en bonne partie, pauvre. Comme il n'y avait pas d'école apostolique, il fut décidé qu'on ouvrirait une maison de formation à Yofre Norte, situé dans l'Etat de Córdoba, que les Pères polonais avaient quitté. Les premiers séminaristes s'établirent au niveau du balcon de la maison paroissiale de la paroisse Notre Dame de La Salette, prise en charge par les salettins américains. Par la suite on s'est transféré dans une maison spacieuse, située dans une propriété acquise par les Pères polonais dans le voisinage. Des missionnaires continuèrent à arriver des Etats-Unis. Avec la collaboration du Père Joseph Frydryk, la mission grandit, incluant à Córdoba la ville rurale de San Agustin, ainsi qu'une paroisse dont il y avait un besoin urgent dans les environs populeux de José Ignacio Diaz. Cette dernière paroisse eut pour fondateur le Père Frydryk. A Santiago del Estero, l'expansion au bout d'un certain nombre d'années a atteint la très grande paroisse rurale de Clodomira, où une nouvelle paroisse - Notre Dame de La Salette - finit par être établie, dans la ville de La Banda. Les salettins continuent à y être présents.

Après presque cinquante ans de dictatures alternant avec des intervalles démocratiques, fut instaurée en 1976 la dernière dictature militaire. Ensemble avec des milliers d'Argentins et d'autres, les missionnaires affrontèrent alors un chapitre sombre dans l'histoire salettine d'Argentine. Le noviciat, situé à Barrio Los Boulevares, Córdoba, fut saccagé par des militaires en civil. Lorsque le P. Weeks et le Frère (maintenant Père) Alfredo Velarde rentrèrent à la maison ensemble avec d'autres séminaristes, ils furent accusés de subversion et kidnappés. On les emmena secrètement à La Perla, un des centres de torture bien connu. Grâce à la diligence du Père Jerry Biron et à l'intervention du Cardinal Primatesta, leur lieu de détention fut découvert et, finalement, ils furent relâchés. Le Père Weeks fut expulsé. On envoya les autres poursuivre leur formation aux USA durant une année. Leur subversion avait consisté à évangéliser une section très pauvre de la ville de Córdoba, en pleine extension.

En 1985, la Région de Marie Reine des Apôtres, toujours riche du même esprit missionnaire qui avait inspiré les pionniers fondateurs, s'étendit en Bolivie. Elle le fit avec l'aide du Père Weeks, qui avait continué à exercer son ministère en Amérique du Sud, au Pérou. En 1989 un accident tragique coûta la vie au Supérieur régional d'alors, le Père Roland M. Nadeau. Il est enterré à Las Termas. Le récent décès du Père argentin Francisco "Pancho" Negri, dont la tombe se trouve à Córdoba, mit la Région à rude épreuve. Le secours est venu avec l'arrivée, en 2008, des Pères Jacob Vettathu and Joseph Peethuruthel, venus de l'Inde, et la récente ordination du Père bolivien David Cardozo. Par ailleurs, nous attendons plusieurs novices pour l'année prochaine.
Actuellement en Argentine nous desservons trois paroisses dans un quartier où il y a une paroisse tenue par le diocèse, et avons nos deux maisons de formation. En Bolivie nous travaillons dans une paroisse, ainsi que dans notre maison de formation, située dans la ville de Cochabamba au centre du pays. Nous sommes des Missionnaire de La Salette originaires d'Argentine, de Bolivie, des Etats-Unis et de l'Inde. Tous nous sommes reconnaissants aux anciens Missionnaires venus de Pologne, qui ont été les pionniers.

LETTRE PASTORALE ET MANDEMENT
DE MONSEIGNEUR L'ÉVÊQUE DE GRENOBLE, QUI ANNONCE
LA POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DU SANCTUAIRE DE NOTRE-DAME DE LA SALETTE.
PHILIBERT DE BRUILLARD,


par la miséricorde divine et la

grâce du Saint-Siège apostolique, Évêque de Grenoble,

Au clergé el aux fidèles de notre Diocèse,

salut et benediction en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Nos Très-Chers Frères,

Depuis l'origine du christianisme, il est arrivé bien rarement qu'un Evêque ait eu à proclamer la vérité d'une apparition de l'Auguste Mère de Dieu. Ce bonheur, le ciel nous le réservait sans que nous l'ayons mérité personnellement, comme une preuve sensible de sa miséricordieuse bonté envers nos bien-aimés diocésains. C'est une mission infiniment honorable qu'il nous a été donné de remplir; c'est un devoir sacré dont nous avions à nous acquitter; c'est un droit qui nous est conféré par les saints Canons et dont nous avons dû faire usage, sous peine d'une résistance [p. 2] coupable à la voix du ciel et d'une opposition blâmable aux vœux que l'on nous exprimait de toutes parts.

Aussi, notre Mandement du 19 septembre a-t-il été accueilli avec une satisfaction universelle. L'opinion générale avait précédé notre décision, et notre jugement doctrinal n'a fait que lui donner la sanction qui lui manquait pour devenir une certitude pleine et entière.

Nous avons reçu des adhésions, des félicitations, divers dons et des promesses de secours pour le sanctuaire de la Salette, de la part de plusieurs Princes de l'Église et d'un grand nombre de nos vénérables collègues. Plusieurs même d'entre eux ont fait publier dans leurs diocèses notre Mandement, surtout le dispositif où nous faisons appel au concours généreux des prétres et des fidèles tant de la France que de l'étranger. Nous ne parlons pas ici des adhésions de Clergé du second ordre, des fidèles pieux et instruits: elles sont sans nombre. Il y en a de beaucoup de diocèses et de tous les pays, de l'orient et du couchant, du nord et du midi.

Notre Mandement a aussi été reproduit par la presse religieuse de la capitale et des départements. Huit jours après sa publication dans notre diocèse, le vénérable Évêque de Gand le faisait traduire en flamand et le répandait dans toute la Belgique. Bientôt après, il paraissait, traduit en anglais, dans une feuille catholique de Londres. Une feuille religieuse de Soleure (Suisse), et deux autres d'Augsbourg le publiaient en allemand. Traduit en italien, il a paru d'abord à Milan, à Gênes, et enfin le 1er de ce mois, l'Osservatore Romano recevait la permission de lui donner place dans ses colonnes1.

Il devait en être ainsi, nos Très-Chers Frères. Ce n'est pas en vain que la Mère de miséricorde a daigné visiter les enfants des hommes. Ce n'est pas en vain qu'à la vue des désordres qui excitent la colère de son fils, elle est venue en quelque sorte se réfugier dans nos montagnes, verser des larmes, nous avertir des châtiments qui nous étaient réservés si on ne se convertissait pas, nous rappeler la crainte de Dieu, le respect pour son saint nom, la sanctification du dimanche, l'observation de tous les commandements de Dieu et de son Église2. Des paroles descendues de si haut devaient avoir un immense retentissement et être entendues de toutes les nations, comme le lieu où elle s'est montrée devait, ce semble, être assez haut pour être vu de tous les peuples. Reportez-vous à l'origine de ce grand événement: voyez sa naissance presque inconnue, sa diffusion prompte, rapide à travers la France et l'Europe, son vol dans les quatre parties du [p. 3] monde, enfin son arrivée providentielle dans la capitale du monde chrétien. A Dieu seul honneur et gloire! Nous n'avons été qu'un faible instrument de sa volonté adorable. C'est à l'Auguste Vierge de la Salette qu'est dû ce succès inouï, prodigieux; elle seule avait tout disposé pour amener ce résultat inespéré; elle seule avait triomphé de tous les obstacles, résolu toutes les objections, anéanti toutes les difficultés; elle seule avait préparé le succès; elle seule saura couronner son œuvre. Pour notre part, nous n'avons qu'à la remercier mille fois du choix tout gratuit qu'elle a fait de nous pour être le héraut de sa gloire et de la miséricordieuse protection dont elle veut bien toujours couvrir notre bien-aimé Diocèse, notre chère patrie et le monde entier.

1. Cependant, nos Très-Chers Frères, nous n'avons encore rempli qu'une partie de la grande mission que le ciel nous a donnée; une autre, non moins belle, non moins importante à la gloire de Dieu, à l'honneur de la Vierge sans tache, au bonheur de notre diocèse et au bien de la France entière, nous reste à accomplir; et pour l'accomplir, nous n'épargnerons ni soins, ni peines, ni sacrifices: trop heureux de consacrer les restes de notre longue carrière à la fondation d'un nouveau pèlerinage en l'honneur de Celle qui est si justement proclamée le secours des Chrétiens, le refuge des pécheurs, la consolatrice des affigés, le salut des infirmes3 ; pèlerinage qui sera pour le peuple chrétien, dans la suite des temps, la forteresse de Sion, une ville de refuge", un asile contre les coups de la justice du ciel, si souvent provoquée par les crimes de la terre.

Rappelez-vous ici l'époque à laquelle Marie apparut sur la montagne de la Salette. Cette apparition, le 19 septembre 1846, n'a-t-elle pas été comme la préface des plus grands événements? Voyez les agitations populaires, les trônes renversés, l'Europe bouleversée, la société sur le penchant de sa ruine5. Qui nous a préservés, qui nous préservera encore de plus grands malheurs, si ce n'est Celle qui est venue d'en haut sur nos montagnes, pour y planter en quelque sorte un signe de ralliement et de salut, un phare lumineux, un serpent d'airain6 vers lequel les âmes pieuses ont levé les yeux pour détourner le courroux céleste et nous guérir de blessures incurables!

Le pèlerinage de Notre-Dame de la Salette existe donc déjà, et depuis l'apparition de la bienheureuse Vierge Marie, il est en plein exercice. Il n'y a eu jusqu'ici, il est vrai, qu'une pauvre chapelle en planches, sans prêtres spécialement chargés de la desservir? Mais tout le monde a senti le besoin de se [p. 4] faire un temple en ce lieu privilégié; chacun s'est fait son temple sur cette montagne solitaire. La piété, les soupirs, les larmes en ont été les ornements. Avec quelle confiance, quelle foi, des milliers de pèlerins ne sont-ils pas venus annuellement courber leurs fronts sur cette terre bénie, baiser respectueusement les traces de Marie! Quels sacrifices de voyage n'ont-ils pas faits pour venir chanter avec le Roi Prophète :fundamenta ejus in montibus sanctis (1) 8, « elle a établi sa demeure sur une montagne qu'elle a sanctifée. » « Nous la vénérerons dans un lieu où elle a reposé ses pieds sacrés» : adorabimus in loco ubi steterunt pedes ejus (2) 9! Combien de fois aussi n'avons-nous pas vu de pieux pèlerins déposer d'avance, et pour un sanctuaire qui n'existait encore que dans leurs vœux, des ornements de prix et même des souvenirs d'affection? Ne nous ont-ils pas rappelé cette spontanéité de dons offerts par les enfants d'Israël pour le tabernacle de Moïse et pour le temple de Salomon? Si le fait de la Salette avait encore besoin de confirmation, il la trouverait dans ce concours, dans cette piété, dans cette joie céleste, dans un si grand nombre de sacrifices. Et quelles merveilles de tout genre n'ont pas été la récompense de tant de foi, de tant de dévotion !

Vous l'avez compris, nos Très-Chers Frères: il s'agit maintenant de la construction d'un sanctuaire en l'honneur de notre Auguste Mère, sur la montagne privilégiée qu'elle a daigné honorer de sa présence, sur laquelle a retenti sa céleste voix.

Ce sanctuaire doit être digne de la Reine du ciel et un témoignage de notre reconnaissance envers Elle; digne de notre diocèse privilégié, du pieux concours qui nous édifie, et des généreuses offrandes qui nous parviennent; car, disons-le, ce n'est pas pour une localité plus ou moins restreinte, c'est pour l'univers que nous bâtissons. En quel lieu, en effet, n'a pas retenti le nom de Notre-Dame de la Salette? En quel lieu ne l'a-t-on pas invoqué? Et quel pays, proclamons-le hautement, n'a pas été signalé par quelque faveur temporelle ou spirituelle due à son intercession?

Au milieu du concours général que tout nous fait espérer pour cette noble entreprise, notre diocèse, nous en sommes sûr, ne restera pas en arrière; il se maintiendra, au contraire, à la tête du grand mouvement qui se manifeste de toute part. Notre diocèse, qui a tant de fois répondu si généreusement à notre appel, même en faveur d'œuvres étrangères, entendra notre [p. 5] voix; il répondra à l'appel que nous lui adressons en faveur d'une œuvre qu'il a connue le premier, qu'il aime, dont il a ressenti les heureux effets, d'une œuvre qui est véritablement la sienne, par la volonté du Très-Haut et par le choix tout gratuit de Celle qu'il a depuis des siècles pour première patronne, pour avocate et pour Mère10.

La facilité que nos chers diocésains ont de puiser à cette source de grâces et la proximité des lieux leur assurent sur les pèlerins étrangers des avantages économiques dont les constructions projetées doivent profiter.

Nous voici arrivés au beau Mois de Mai, à ce mois consacré d'une manière toute spéciale au culte de Marie, à ce mois où tant d'hommages lui sont adressés de toutes les parties de la terre, à ce mois de conversions parmi les pécheurs, de grâces pour les justes, de bonnes œuvres multipliées en l'honneur de Celle que l'on n'invoqua jamais en vain11. Eh bien! nos Chers Frères, c'est ce mois que nous avons voulu choisir pour la bénédiction et la pose de la première pierre du Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette. Nous avons voulu que cette cérémonie se fit avec un appareil digne de son objet; nous avons invité un de nos plus chers collègues à faire ce qu'il nous eût été si doux de faire nous-même en personne, si, plus encore que l'âge, des souffrances habituelles nous l'eussent permis. En cela, nous avons dû nous résigner à la volonté de Dieu et faire le sacrifice de nos affections! 12.

Nous vous invitons également, nos chers et bien-aimés Frères, à vous rendre vous-mêmes sur la Sainte Montagne, et à augmenter, par votre pieux concours, la magnificence de ce jour qui doit réjouir le ciel et faire tressaillir la terre d'allégresse.

C'est aussi durant ce mois de Marie que dans toutes les églises et chapelles de notre Diocèse seront recueillies les offrandes de la piété pour la construction du nouvel édifice.

II. Mais, nos Très-Chers Frères, quelque importante que soit l'érection d'un Sanctuaire, il est quelque chose de plus important encore: ce sont des Ministres de la Religion destinés à le desservir, à recueillir les pieux pèlerins, à leur faire entendre la parole de Dieu, à exercer envers eux le ministère de la réconciliation, à leur administrer l'auguste sacrement de nos autels, et à être pour tous, les dispensateurs fidèles des mystères de Dieu (1) 13 et des trésors spirituels de l'Eglise. [p. 6]

Ces prêtres seront appelés les Missionnaires de Notre-Dame de la Salette; leur création et leur existence seront, ainsi que le Sanctuaire lui-même, un monument éternel, un souvenir perpétuel de l'apparition miséricordieuse de Marie.

Ces prêtres, choisis entre beaucoup d'autres, pour être les modèles et les auxiliaires du clergé des villes et des campagnes, auront une résidence habituelle dans la ville épiscopale. Ils séjourneront sur la montagne pendant la saison du pèlerinage; et pendant l'hiver, ils évangéliseront les différentes paroisses du diocèse.

C'est donc un corps de missionnaires diocésains que nous instituons dès à présent, que nous voulons vivifier et agrandir de tout notre pouvoir, au prix de tous les sacrifices et avec le concours de nos pieux diocésains et surtout de notre bien-aimé Clergé.

Ces missionnaires suppléeront à ce que ne peuvent faire les corps religieux que nous avons appelés, accueillis, dont nous avons reçu tant d'éminents services, dont nous proclamons hautement le dévouement au diocèse, les vertus religieuses, le savoir, le zèle et les succès. Daignent la Vierge Immaculée, le grand S. Dominique, l'illustre S. Ignace, faire descendre sur leurs enfants chéris une pluie abondante de grâces! Cependant ne pouvons nous pas dire avec le divin maître: La moisson est abondante et les ouvriers en petit nombre! messis quidem multa, operarii aulem pauci (1)14 ? Puissent-ils être bientôt assez nombreux pour que les paroisses de notre diocèse jouissent tour à tour des bienfaits inestimables d'une mission après un certain nombre d'années! Déjà, d'autres diocèses possèdent ce précieux avantage.

Ce corps de missionnaires est comme le sceau que nous voulons mettre aux autres œuvres que, par la grâce de Dieu, il nous a été donné de créer. C'est, pour ainsi dire, la dernière page de notre testament; c'est le dernier legs que nous voulons faire à nos bien-aimés diocésains. C'est un souvenir vivant que nous voulons laisser à toutes et à chacune de nos paroisses; nous voulons revivre au milieu de vous, nos Chers Frères, par ces hommes respectables, qui en vous parlant de Dieu, vous feront souvenir de prier pour nous.

Aussi, nos Chers Coopérateurs, avez-vous salué avec des acclamations de joie notre pensée dès qu'elle vous a été connue: preuve éclatante de la [p.7] communauté de vues et de sentiments qui existe entre vous et celui que Dieu a placé à votre tête.

Cette société de prêtres, destinés à devenir vos puissants auxiliaires, et qui, pour le devenir, font le sacrifice de leur personne, de leur position avantageuse, et embrassent la vie pauvre, dure, laborieuse de l'homme apostolique, réclame votre généreux concours, ainsi que celui de vos honorables paroissiens. Il leur faut nécessairement à Grenoble une maison qui leur serve de noviciat pour former les jeunes prêtres, où dans le recueillement et l'étude, ils se préparent à de nouveaux travaux et dans laquelle ils puissent honorablement abriter leur vieillesse. Il leur faut un modeste mobilier, du linge, une bibliothèque, etc. Tout cela leur viendra de votre générosité qui nous est si bien connue! Tant d'autres œuvres dans notre diocèse ont commencé sans autres ressources que celles qui leur étaient réservées par la Providence, et sont aujourd'hui en voie de prospérité!

Une des plus belles œuvres que vous puissiez créer, nos chers collaborateurs, et la chose est possible dans plusieurs paroisses, c'est une fondation qui assure une mission à votre troupeau, tout les huit ou dix ans. Il en existe déjà de ce genre, et on peut réussir à en augmenter le nombre. Jamais on ne dira assez de quel prix est aux yeux de Dieu une telle œuvre, de quel mérite elle est pour le fondateurl5.

La Sainte Vierge a apparu à la Salette pour l'univers entier, qui en peut douter? Mais elle a apparu aussi spécialement pour le diocèse de Grenoble, qui va en retirer deux avantages inappréciables: un nouveau sanctuaire à Marie, un corps de Missionnaires Diocésains. Ces deux œuvres ne sont devenues possibles que par l'apparition, et pour toujours elles perpétueront le souvenir de l'apparitionI6

A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous avons arrêté les dispositions suivantes:

ART. 1er La bénédiction solennelle et la pose de la première pierre, par Mgr. l'Évêque de Valence, assisté d'une députation de notre Chapitre et d'un nombreux clergé, aura lieu le mardi 25 mai.

ART. 2. Il y aura sermon, Vêpres et bénédiction du Saint Sacrement, à l'heure la plus convenable, c'est-à-dire, vers midi.

ART. 3. Une quête sera faite parmi les pèlerins, ce jour-là, par quelques prêtres choisis à cet effet.

ART. 4. Le dimanche qui suivra la lecture de notre Mandement, une [p. 8] quête en faveur du Sanctuaire et des Missionnaires sera faite dans les églises et chapelles du diocèse. Cette quête pourra avoir lieu même à domicile, là où les pasteurs le jugeront convenable. Cependant les dons qui nous arrivent des diocèses étrangers au nôtre, restent toujours et exclusivement affectés à la fondation du pèlerinage.

ART. 5. Les dons en vases sacrés, ornements et linge d'église, etc., seront, ainsi que ceux en argent qui seraient faits de la main à la main, consignés dans un registre, et les noms des bienfaiteurs seront ensuite reportés sur le registre général, qui est déjà déposé dans les archives de l'Évêché et dont un double sera placé dans les archives du Sanctuaire de la Salette. Des prières à perpétuité seront faites pour les bienfaiteurs tant du Sanctuaire que des prêtres destinés à le desservir.

Nous saisissons avec bonheur cette occasion d'offrir nos actions de grâces les plus solennelles à nos vénérables collègues, ainsi qu'aux prêtres zélés et aux pieux fidèles de tout pays, qui nous ont envoyé ou ont promis de nous envoyer de généreuses offrandes. Ces dons inspirés par la foi joints à des prières ferventes sont, nous n'en doutons pas, ce qu'il y a de plus propre à honorer l'auguste Reine du ciel et à désarmer le bras de son Fils, justement irrité par la multitude et l'énormité de nos péchés. Chaque jour nous élevons nos mains suppliantes vers le ciel pour en faire descendre les bénédictions les plus abondantes sur tous et chacun des bienfaiteurs, présents et à venir, connus et inconnus.

Et sera notre présent Mandement lu et publié dans toutes les églises et chapelles de notre diocèse, à la messe paroissiale ou de communauté, le dimanche qui en suivra immédiatement la réception.

Donné à Grenoble, sous notre seing, le sceau de nos armes, et le contre-seing de notre secrétaire, le 1er mai 1852.

†PHILIBERT, Évêque de Grenoble.

Part Mandement

Auvergne, Chan.honor.,Secretaire





(1) Le « le< de ce mois»: le le< avril.

(2) Noter que c'est sans le moindre complexe que l'évêque parle de la «colère [du] fils» et de Marie venant « en quelque sorte se réfugier» à la vue des désordres qui excitent cette colère. Sur les problèmes que soulèvent ce langage dans l'esprit du lecteur du vingtième siècle, voir LSDA II, appendice.

(3) Ces titres figurent dans les litanies de Lorette. (4) Cf. 2 Sa S, 7; Nb 35, etc.

(5) L'évêque pense aux révolutions qui en 1848 eurent lieu dans plusieurs pays d'Europe.

(6) Cf. Jn 3, 14.

(7) Louis Perrin avait assuré le service en tant que curé de la paroisse de la Salette; des deux prêtres qui l'aidèrent, son frère Jacques-Michel et Joseph Faure, aucun n'avait reçu de mandat spécial de la part de l'autorité épiscopale.

(8) « (1) Ps. 86, 1.» (Note au bas de la p. 4.)

(9) «(2) Ps. 131, 7.» (Note au bas de la p. 4.)

(10) Le diocèse de Grenoble a pour patronne principale la Vierge Marie.

(11) L'usage de sanctifier le mois de mai par des pratiques en l'honneur de Marie s'est répandu à partir de l'âge baroque et surtout au cours du dix-neuvième siècle.

(12) D'après le Dr Joffre, son médecin personnel, Mgr de Bruillard était affecté depuis des années d'une névralgie faciale très douloureuse (cf. Bibi. J-1). Il invita donc Mgr Chatrousse, évêque de Valence et ancien vicaire général de Grenoble. Cependant Mgr de Bruillard finit par monter lui aussi à la Salette le jour de la cérémonie.

(13) « (1) Cor. 4, 1.» (Note au bas de la p. 5.)

(14) « Matt. 9, 37.» (Note ail bas de la p.6.)

(15) Les missions paroissiales avaient été un des principaux moyens de réévangélisation après la tourmente révolutionnaire et les guerres de l'Empire.

(16) Cartellier visait sans doute ce passage de la Lettre pastorale, lorsqu'il insinuait dans son Mémoire au pape que l'évêque présentait l'église du pèlerinage comme une preuve à proprement parler de l'apparition (cf. supra, p. 92).

 

Historie des Missionnaires de Notre Dame de La Salette
1846 19 septembre - Apparition de la Vierge Marie à La Salette.
20 septembre - première relation écrite (relation PRA).
La famine, commencée en 1845, décime la France et l'Europe.
1847 Campagnes de presse - Grandes relations (Lagier, Bez, Long, Lambert ... ).
19 septembre: 30 000 pèlerins au moins sur la Sainte Montagne. Huit conférences de discernement sur le fait de La Salette à l'évêché de Grenoble en novembre - décembre.
1848 Révolution en France, émeutes en Europe.
1849 15 000 pèlerins sont déjà inscrits à la confrérie de Notre Dame Réconciliatrice de La Salette.
1850 Le 25 septembre, Maximin rencontre le curé d'Ars (Stern, La Salette 3, p.10).
1851 L'affaire des secrets (Stern, La Salette 3, p.25).
Mandement de Mgr. de Bruillard, daté du 19 septembre. L'apparition est authentique, le culte autorisé, une église sera construite.
1852 Nouveau mandement: le 25 mai, pose de la première pierre; un corps de missionnaires diocésains est créé, les Missionnaires de Notre Dame de La Salette.
1854 Mandement de Mgr. Ginoulhiac, confirmant les décisions de Mgr. de Bruillard et réfutant les objections des opposants. 1858 Le 2 février, les Pères Archier, Berlioz, Albertin, Bassan, Buisson et Petit prononcent leurs premiers vœux, à la chapelle
de l'évêché de Grenoble.
1860 Le P. Sylvain-Marie Giraud prononce les premiers vœux.
Missionnaire et auteur spirituel, il est nommé maître des novices.
1865 Le P. Giraud, élu supérieur, travaille à créer un véritable esprit religieux dans la communauté. Il fonde "Les Annales de Notre Dame de La Salette".
1869-70-71 Concile Vatican 1. Guerre franco-allemande. Commune de Paris.
1875 Maximin Giraud meurt à Corps le 1er mars.
1876 Mgr. Fava demande à la communauté de se doter de nouvelles constitutions votées point par point. Le P. Archier est élu supérieur général. Le P. Jean Berthier fonde l'école apostolique.
1878 Léon XIII invite Mgr. Fava et le P. Henri Berthier à faire approuver les Constitutions par les instances romaines.
1879 Premiers vœux perpétuels des PP. Archier, Buisson, Henri Berthier, Jean Berthier, Perrin et Chapuy. La mission de Norvège est confiée pour dix ans aux Missionnaires de Notre Dame de La Salette. Le 18 avril l'institut est reconnu de droit romain. Les 20 et 21 août, couronnement de Notre Dame de La Salette et consécration de la Basilique.
1880 Départ pour la Norvège (2 Pères, 2 Frères, sept étudiants en théologie). En France, lois contre les Congrégations.
Lois sur les écoles. Le scolasticat part en Suisse.
1882 Les PP. Pajot et Vignon à Hartford (Connecticut) : début de l'expansion en Amérique du Nord.
1896 Le scolasticat à Rome. En 20 ans on est passé de 11 à 150 religieux.
1899 Les Salettins français à Madagascar et dans l'Ouest du Canada.(Saskatchewan).
1901 Loi sur les associations. Le Conseil Général choisit l'exil (Tournai).
1902 L'administration générale en Suisse puis en Italie (Salmata).
Les cinq premiers salettins en Pologne (Cracovie).
Le P. Clément Moussier part des États-Unis pour le Brésil.
1904 Décès de Mélanie Calvat à Altamura (Bari, Italie).
1905 Loi de séparation de l'Église et de l'État, en France.
1914 -18 Première guerre mondiale. Les religieux français peuvent rentrer en France.
1923 Des pères américains rejoignent les pères français à Madagascar (Antsirabe) en vue de la mission en Sakalave (côte ouest).
1926 Approbation définitive des Constitutions.
1934 Première répartition en provinces: France, Pologne, États-Unis, Brésil.
1936 Les Salettins en Argentine (d'abord de Pologne, puis des États-Unis).Word
1937 La province d'Hartford fonde la mission de l'Arakan en Birmanie, mission durement éprouvée lors de l'invasion japonaise puis interrompue par une persécution légale.
1938 Les Salettins de Suisse et du Liechtenstein deviennent une province.
1939-45 Deuxième guerre mondiale.
1943 Mgr. Caillot rappelle les Missionnaires de La Salette au Sanctuaire, berceau et maison-mère de leur Congrégation.
1945 Aux États-Unis, une nouvelle province: Attleboro.
1946 Angola: les salettins suisses en mission. Centenaire de l'apparition. Congrès marial à Grenoble - La Salette.
1948 Philippines, mission ouverte par les salettins d'Attleboro.
1961 Une troisième province aux États-Unis, centrée à St Louis, Missouri.
1962 Le Concile Vatican 2. Les œuvres d'Italie deviennent la province de Marie médiatrice.
1967 Une 4ème province aux U.SA (Olivet puis Milwaukee, Wisconsin).
1982 Les Philippines deviennent province. Antsirabe-Madagascar devient province.
1985 Approbation des Constitutions, mises à jour après Vatican 2.
1988 A Madagascar, une seule province salettine pour toute l'Île. Les Pères indiens, formés aux Philippines, ouvrent la mission du Kerala (Inde).
1990 La province de Pologne tente des implantations nouvelles dans l'est de l'Allemagne, en Slovaquie, en Ukraine, en Biélorussie.
1991 Les novices sud-américains à Cochabamba, en Bolivie.
1992 La province de Pologne commence mission en Kazakhstan.
1995- 1996 Une année de célébrations à travers le monde pour le 150ème anniversaire de Notre Dame de La Salette.
2000 Unification de quatre provinces d'Amérique Milwaukee, Hartford, Attleboro, St. Louis.
2001 Inde devient province.
2007 Angola commence mission en Namibie.
2012 Angola devient province.
2012 L'unification des provinces de Suisse et de Pologne

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